Les cheveux Afro-Américains

Introduction

Les spécificités ethniques du coiffage et les particularités biologiques et physiologiques des cheveux et du cuir chevelu des Afro-Américains sont à l'origine de pathologies multiples auxquelles s'ajoutent les pathologies communes aux autres ethnies (Caucasiens, Mongoloïdes).

Ainsi, les traitements médicaux, cosmétologiques et chirurgicaux doivent-ils s'adapter à l'étiologie d'une part et à la spécificité ethnique d'autre part. - Caracteristiques des cheveux afro-americains Les cheveux et le cuir chevelu des Afro-Américains présentent des particularités structurelles, anatomiques et physiologiques. Les cheveux et le cuir chevelu des Afro-Américains présentent des particularités structurelles, anatomiques et physiologiques :

Une tige hélicoïdale et spiralée, de section aplatie ou elliptique, des racines incurvées, une densité capillaire inférieure de 20 % à celle des caucasiens, une vitesse de croissance inférieure de 30 % à celle des caucasiens et un pourcentage de télogènes plus élevé. Peu sont des négroïdes Africains purs, mais présentent plutôt des caractères bi- ou multiraciaux.

Pathologies communes aux trois grands groupes ethniques

3.1 La pelade

On distingue plusieurs types dont le diagnostic, le pronostic et les traitements sont similaires à ceux des autres ethnies.

  • Formes en plaques
  • Ophiasique
  • Totale
  • Universelle

 
Fig. 1 : Alopécie peladique du vertex chez la femme, d'apparition brutale après kidnapping de son enfant.

 

 

 3.2 Les alopécies androgénétiques masculines et féminines
Les alopécies androgénétiques masculines et féminines ont la même topographie et sont de même pronostic chez les Afro-Américains que dans les autres ethnies, mais l'approche thérapeutique et les traitements ne sont pas toujours les mêmes.

Les lotions au minoxidil à 2 % et 5 % ont paradoxalement une meilleure appréciation cosmétologique que chez les Caucasiens et les Mongoloïdes : ceci est du aux effets « graissant » du propylène glycol sur les tiges capillaires. Leur conseil de prescription est similaire. Le finastéride est d'indication quasiment identique à celle des autres ethnies. Les transplantations capillaires chez l'homme et chez la femme sont quasiment similaires à celle des autres ethnies. Les particularités des transplantations chez les Afro-Américains sont essentiellement :

  • un prélèvement en pleine zone donneuse médio-occipitale pour éviter une cicatrice hypertrophique ou chéloïde
  • une préparation de greffes en unités folliculaires de 2 à 4 cheveux plutôt qu'en microgreffes de 1 cheveu
  • chez l'homme, un dessin de la ligne frontale antérieure plus arrondie que dans les autres ethnies
  • chez la femme, un dessin plus rectiligne en associant une reconstruction frontale et temporale.




Fig. 2 : Alopécie androgénétique. Ludwig type II, avant (A) et après (B) correction par une séance de greffes d'unités folliculaires


3.3 La trichotillomanie

La trichotillomanie s'observe chez l'enfant et chez l'adulte.

Les aspects cliniques et psychologiques sont similaires à ceux des autres ethnies. Il faudra toujours rechercher d'autres phénomènes de traction surajoutés, particuliers à l'ethnie afro-américaine.

3.4. Les alopécies cicatricielles de l'enfant et de l'adulte

L'alopécie cicatricielle est définie par la destruction des follicules pileux, remplacés par du tissu fibreux. Le diagnostic est clinique, la confirmation diagnostique est histologique, avec examen en immunofluorescence directe.Les étiologies sont multiples et on distingue :

- Les alopécies cicatricielles congénitales

-Les alopécies cicatricielles acquises primaires avec infiltrat lymphocytaire (lupus érythémateux discoïde, lichen plan pilaire, pseudopelade de Brocq, syndrome de dégénérescence folliculaire, alopécie mucineuse)

-Les alopécies cicatricielles acquises primaires avec infiltrat neutrophile (folliculite décalvante, teigne favique, cellulite disséquante du scalp, acné chéloïdienne, acné nécrotique, folliculite en touffes)

-Les alopécies cicatricielles acquises secondaires (d'origine physique, tumorale ou infectieuse)

3.5 La dermite séborrhéique

Il faut souligner l'effet aggravant de produits souvent utilisés par les Afro-Américains : lanoline, huile de soja, huile de germe de blé, lécithine, squalène et huile de ricin.

L'arrêt de leur utilisation est indispensable.

Plutôt que des lavages fréquents, il vaut mieux préconiser un shampooing traitant hebdomadaire avec l'aide a minima d'une lotion faiblement cortisonée.

Pathologies specifiques aux afro-americains

4.1 Les alopécies de traction

Liées aux divers types de coiffures pratiquées dans ce groupe ethnique (queues de cheval, tresses, brushings, bigoudis, postiches) elles sont localisées essentiellement en région fronto-temporale.

Les traitements consistent à arrêter les tractions et à appliquer une lotion de minoxidil à 2 %. Les greffes de cheveux seront préconisées sur les zones restant alopéciques après 6 mois de traitement.

 







Fig. 3 : Alopécie de traction chez une femme ménopausée avant (A) et après (B) une séance de greffes d'unités folliculaires.

4.2 L’alopécie du 'peigne chauffant'

Syndrome de dégénérescence folliculaire, Sperling p
rovoquées par l’association de pétrole chaud et d’un peigne chauffant ou d’un fer à friser

 




Fig. 4 :Alopécie du 'peigne chauffant'

Provoquée par l'association du pétrole chaud et d'un peigne chauffant localisée préférentiellement au vertex. Le traitement préventif vise à supprimer ces manipulations et le traitement définitif est assuré par la transplantation de greffes de cheveux ou l’utilisation d’une prothèse capillaire.

4.3 Folliculites et pseudo-folliculites

Les folliculites et pseudo-folliculites sont la conséquence de la pénétration cutanée par le cheveu courbé (après rasage chez l'homme ou après épilation chez la femme) qui provoque la formation de papules, de papulo-pustules folliculaires, de papulo-pustules périfolliculaires ou de ganulomes à corps étrangers.

La prévention consiste à supprimer les rasages ou les épilations à la pince et à préconiser l'épilation à la cire, l'utilisation de lotions ou de crèmes dépilatoires, l'emploi de rasoirs spéciaux ou l'épilation définitive.

Le traitement des lésions est basé sur l'administration d'antibiotiques locaux (érythromycine topique) ou per os.

4.4 Folliculites chéloïdiennes

Localisées surtout sur la nuque, les folliculites chéloïdiennes sont caractérisées par une papule débutante et un infiltrat granulomateux puis par une plaque cicatricielle.

Ne pas raser cette région, et traiter par une antibiothérapie locale et per os, une corticothérapie intralésionnelle, une cryothérapie à l'azote liquide et une exérèse chirurgicale, effectuée avec prudence.




 

Fig. 5 : Folliculite et papules chéloïdiennes de la nuque

5. Cellulite disséquante du scalp


(perifolliculitis capitis abscedens et suffodiens)

D'étiologie mal définie, la cellulite disséquante du scalp est un mélange d'occlusion folliculaire, d'acné conglobata et d'hidradénite suppurée. Observée surtout chez l'homme, elle se présente cliniquement par des abcès multiples parfois coalescents, des occlusions folliculaires, une alopécie cicatricielle, des cicatrices hypertrophiques ou des chéloïdes.

Les analyses bactériologiques sont négatives (staphylocoques).

Divers traitements peuvent être appliqués : corticoïdes et antibiotiques per os, excisions chirurgicales, isotrétinoïne (40 mg/j), sulfate de zinc (400 mg per os), céphalosporine (500 mg) + rifampicine (600 mg/j) ou incision/drainage lors d'abcès fluctuants.


 

 

 



Fig. 6 : Cellulite disséquente du scalp

Les traitements vont s'adapter aux exigences de ces particularités ethniques.

5.1 Les particularités cosmétologiques

Chez les Afro-Américains les particularités cosmétologiques sont liées à la sécheresse et la fragilité des tiges capillaires. Le conseil cosmétologique aura alors pour mission de prévenir et de corriger en permanence ces anomalies structurelles du cheveu.

5.2 Les traitements chirurgicaux Chez les Afro-Américains


Les traitements chirurgicaux sont spécifiques en raison du caractère crépu des tiges, de l'incurvation des racines, des risques de cicatrisation hypertrophique, voire chéloïdienne, et des risques d'hyperpigmentation ou d'hypopigmentation.

Ils doivent toujours être sélectionnés en fonction de la localisation de l'acte pour mieux prévenir les risques de cicatrisation excessive ou dyschromique. Les techniques chirurgicales elles-mêmes (exérèses, lambeaux, greffes, etc) doivent être adaptées aux particularités du cuir chevelu afro-américain.

Comme pour toute chirurgie dermatologique du cuir chevelu, les indications sont guidées par de nombreux paramètres tels que la nature, l'étendue et la localisation de l'alopécie, le sexe, l'âge et les particularités individuelles du patient, et enfin, l'évolutivité du phénomène alopéciant. Cette chirurgie obéit à trois grands principes techniques :

La transplantation d'autogreffes sous formes de microgreffes et d'unités folliculaires Fig. 7

Fig. 7 : Alopécie de traction avant (A) et après (B) deux séances de transplantation d'unités folliculaires

  • La rotation ou la transposition de lambeaux
  • La réduction simple ou assistée par la pose d'un extenseur ou d'un expandeur.

- 5.3 Les traitements médicaux

Les traitements médicaux seront sélectionnés pour essentiellement éteindre les phénomènes inflammatoires apparus malgré les efforts de prévention.

Conclusion :

La pathologie capillaire des Afro-Américains présente, en plus de toutes les pathologies communes aux trois ethnies, des particularités génétiques, des particularités socio-culturelles (types de coiffures), des particularités chimiques du cheveu (sécheresse tige) et des particularités tissulaires du cuir chevelu (réactions inflammatoires).

La prévention et les conseils thérapeutiques vont être essentiellement guidés par la fragilité des tiges, les risques de folliculites et de mauvaise cicatrisation, et chercher à modifier certaines habitudes ancestrales de coiffage.

Ouvrages de réferences...

1- Thibaut S, Bouhanna P., Bernard B.A. and al. Human hair shape is programmed from the bulb. Br J Dermatol., 2005 ; 152(4) : 632-638.

2- Loussouarn G, African hair growth parameters, Br J Dermatol, 2001, 145, 294-297.

3- Bouhanna P. la pathologie des cheveux afro-américains : spécificités diagnostiques et thérapeutiques. Pp 111-118, in : Les alopécies - de la clinique au traitement. Collection Guide Pratique de Dermatologie. Editions MED'COM, Paris, 2004, 143 pp.

4- Bouhanna P et Reygagne P, Pathologie du cheveu et du cuir chevelu, Editions Masson, Paris, 1999, 350 pp.

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6- Sperling LC and Sau P, The follicular degeneration syndrome in black patients: 'Hot comb alopecia' revisited and revised, Arch Dermatol, 1992, 128 : 68-74.

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10- Olsen EA Ed, Disorders of Hair Growth - Diagnosis and treatment, MacGraw-Hill Inc, New York, 1994, 426 pp.

11- Bouhanna P., Dardour JC. Hair Replacement Surgery. Textbook and Atlas. Editions Springer-Verlag, Berlin Heidelberg, 1996, 236 pp.

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13- Bouhanna P. Pathologie des cheveux afro-américains : spécificités diagnostiques et thérapeutiques. B.E.D.C., 2004 ; 12 (4) : 74-77.

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