Reconstruction de la ligne frontale

Reconstruction de la ligne frontale antérieure par follicules pileux coupés en deux

Swineheart a réalisé une étude chez 4 hommes avec récession de la ligne frontale antérieure (LFA), pour vérifier si l'implantation de cheveux horizontalement sectionnés pouvait donner une reconstruction plus fine de la LFA.

Vingt cheveux prélevés sur la zone occipitale chez 6 patients de sexe masculin ont été coupés sous microscope à l'aide d'une lame de 10 le plus près possible de la région du bulge, immédiatement sous l'insertion du muscle arrecteur.

Les deux parties ainsi obtenues sont implantées comme suit : 20 tiges capillaires sont implantées sur le côté droit de la LFA et les 20 bulbes sont insérés sur le côté gauche de la LFA. La repousse a été évaluée de 2,5 à 8 mois après chirurgie. On a constaté 46 % de repousse des tiges capillaires et 47 % de repousse des bulbes avec obtention de cheveux de calibre plus fin que les cheveux donneurs.

L'auteur a conclu qu'une reconstruction plus fine de la LFA pourrait être obtenue par utilisation de cheveux coupés en deux sous microscope.

Cette méthode pourrait être utilisée avec succès chez des patients ayant des cheveux foncés ou une zone donneuse très dense. Néanmoins, nous pensons personnellement que cette méthode doit être réservée à des cas très précis, et s'il n'y a pas d'autres alternatives, car les bulbes ainsi obtenus donnent, selon notre propre expérience, naissance à des cheveux frisottés.

 

(Swineheart J.M., Dermatol. Surg., 2001, 27 : 868-872)

Mécanismes de l'Alopécie Androgénétique

Mécanismes de l'Alopécie Androgénétique (AAG) à l'état moléculaire

D'après Trüeb, le mécanisme de l'alopécie androgénétique (AAG) est un phénomène inflammatoire androgéno-dépendant.

Ceci entraîne un dégarnissement progressif du cuir chevelu suivant un modèle bien défini. Des avancées importantes, dans la compréhension des principaux éléments du métabolisme androgénique, ont été achevées ces dernières années.

Les processus androgéno-dépendants sont principalement dus à l'action de la dihydrotestostérone (DHT) sur les récepteurs androgéniques (RA). L'activité cellulaire DHT dépendante est fonction de la présence d'androgènes tel que la testostérone et leurs conversions en androgènes plus puissants à travers l'action de l'enzyme 5 alpha-réductasique d'une faible activité enzymatique d'enzymes inhibiteurs d'androgènes de la présence en grand nombre de récepteurs androgéniques actifs.

Le cuir chevelu des individus prédisposés à l'AAG montre des taux élevés de DHT ainsi qu'une expression génique des RA élevée.

Les traitements dont l'efficacité a été prouvée sur l'AAG sont le finastéride per os, inhibiteur compétitif de la 5alpha-réductase de type II et le minoxidil solution, un inducteur des canaux potassiques et de la production de VEGF (facteur de croissance des cellules endothéliales vasculaires) par des papilles dermiques mises en culture.

L'inflammation folliculaire microscopique et persistante avec remodelage du tissu conjonctif peut éventuellement aboutir à une chute de cheveux permanente.

Ce phénomène peut être considéré comme cofacteur de l'étiologie complexe de l'AAG, vu que l'efficacité chimique des traitements de l'AAG tel que les activateurs de croissance capillaire ou des modulateurs du métabolisme des androgènes, reste très limitée.

L'implication du processus inflammatoire et microscopique a récemment émergé dans de récents travaux sur la pathogenèse de l'AAG. L'étude de Jaworsky et Coll.

En 1992 a évoqué la présence d'un infiltrat inflammatoire de cellules T activées et de macrophages dans le 1/3 supérieur du follicule pileux. Cet infiltrat était accompagné d'une hypertrophie des fibres du collagène du feuillet dermique (fibrose périfolliculaire) dans les zones d'alopécie évolutive.

Le terme de micro-inflammation a été utilisé parce que le processus inflammatoire et destructeur implique dans les alopécies cicatricielles. La question que nous pourrions nous poser est comment la réaction inflammatoire a lieu à l'entour du follicule pileux.

L'inflammation est considérée comme un phénomène à étapes multiples pouvant débuter à partir d'un événement primaire. La présence d'un infiltrat périfolliculaire, dans la partie proximale du follicule pileux, près de l'induction inflammatoire, suggère que la cause primaire responsable de l'induction inflammatoire se produit près de ce dernier.

Par ailleurs, la production de porphyrines dans le canal pilo-sébacé par les propionibactéries est considérée comme étant le cofacteur probable du stress pro-inflammatoire initial.

Alternativement, les kératinocytes peuvent répondre aux agressions chimiques causées par les agents irritants, les polluants et les rayons UV, en produisant des radicaux libres et de l'oxyde nitrique ainsi que par libération d'IL1-alpha. Les cytokines pro-inflammatoires ont montré qu'elles étaient capables d'inhiber in vitro la croissance de follicules pileux isolés mis en culture.

Si les agents causals persistent, l'inflammation persistante et le remodelage du tissu conjonctif semblent jouer un rôle actif dans la pathogenèse de l'AAG. De plus, les collagénoses sont suspectées de contribuer à l'installation de changements tissulaires dans la fibrose périfolliculaire.

(Trüeb R.M., Exp. Gerontol., 2002, 37 : 981-990).

Progrès de la chirurgie du cuir chevelu

Les progrès de la chirurgie du cuir chevelu ont été signalés au VIe Congrès de Washington de l'ISHRS.

Pour obtenir une densification naturelle des alopécies androgénétiques masculines et féminines, le principe technique qui a fait la quasi-unanimité est la transplantation "d'unités folliculaires" de 1 à 4 cheveux.

En effet, si l'on observe à la loupe un cuir chevelu normal, on constate que l'émergence par chaque orfice cutané se fait effectivement par groupes d'unités folliculaires de 1 à 4 cheveux.

A l'heure actuelle, il est possible de prélever, sous anesthésie locale, dans la zone donneuse occipitale, de 1 000 à 3 000 cheveux en une séance en ne laissant qu'une discrète cicatrice linéaire horizontale.

Un travail comparant les différentes fermetrures des berges (suture, agrafes) a montré les perspectives intéressantes, dans ce domaine, de la colle à l'octylcyanoacrylate.

La majorité des orateurs ont insisté sur l'intérêt de la finesse dans la préparation de chaque "unité folliculaire" de 1 à 4 cheveux en les modelant avec le bistouri en une sorte de "scultpage" et "d'épluchage" sous stéréomicroscope. Cette technique justifierait néanmoins un personnel spécialisé.

Dans la manoeuvre d'implantation de chaque greffe, la technique manuelle à la pince de joaillier a été retenue. Certains inventeurs ont montré des prototypes d'automatisation vec "pistolets" ou des "stylos implanteurs", des "machines à découper", qui sont d'astucieuses voies de recherche.

L'abandon des lasers pour la transplantation capillaire a été confirmé par tous les auteurs. En revanche, de très nombreux instruments jetables de microchirurgie permettant une implantation fine et superficielle avec orientation naturelle de l'émergence des cheveux ont été présentés.

(*) Bouhanna P., Bakhos D. Quoi de neuf sur le cuir chevelu. Réal. Thér. Dermato-Vénéréol. 1999 ; 87:55-64.

Efficacité de l'implantation ultérieure de follicules pileux isolés et conservés à 4°C (*) chirurgie L'implantation de microgreffes pour la correction chirurgicale de l'AAG donne un résultat esthétique nettement supérieur à celui produit par les greffes cylindriques. Le seul problème soulevé par cette technique est celui d'avoir besoin de découper et d'implanter plusieurs centaines de microgreffes, qui nécessiteraient une équipe médicale nombreuse et un temps opératoire relativement long. L'idéal serait de pratiquer cette chirurgie en deux temps.

Il serait possible de prélever sous anesthésie locale, au cours d'une première session et pour une durée d'une heure environ, une bande de cuir chevelu sur la zone donneuse.

Au cours d'un deuxiième temps opératoire, une semaine après, on effectue l'implantation de microgreffes préalablement découpées lors de la 1ère session et conservées à 4°C dans un milieu d'Eagles modifié par Dalbecco (DMEM) ou dans une solution saline.

Cette technique apporterait à l'équipe chirurgicale un gain de temps considérable et éviterait au patient d'attendre trop longtemps en salle d'opération. Kurata et coll. ont mis en culture des follicules pileux dans du DMEM ou dans du sérum physiologique et conservés à 4°C pendant 7 jours.

Au terme de cette période, les follicules pileux ont été greffés sous le pannicule charnu de souris athymiques. Cinq mois plus tard, les follicules greffés ont poussé de 20 mm, suggérant que la repousse s'est produite pendant la phase télogène.

Cette étude princeps met en évidence la repousse des follicules pileux après conservation à 4°C. Les auteurs espèrent que des follicules pileux conservés seront dans un avenir proche utilisés dans les microgreffes.

(*) Kurata S. et al. Viability of isolated single hair follicules preserved at 4°C. Dermatol. Surg., 1999 ; 23:26-29.

Réduction du cuir chevelu et extenseur en silastic (*)

Nordström R.E.A. et coll. ont fait une étude sur 10 patients ayant subi une réduction de tonsure avec mise en place pendant un mois d'extenseur en silastic au niveau sous-galéotique, sous anesthésie locale. Les résultats de cette étude ont été comparés avec ceux d'une étude précédente faite par Nordström en 1984 sur 13 patients ayant eu une réduction du cuir chevelu sans pose d'extenseurs. Ils ont montré que les extenseurs semblent prévenir l'élargissement de la région chauve et que la réduction tonsurale avec extenseurs était de 30 à 84 % plus efficace que celle faite sans pose de ces derniers.


(* ) Nordström REA, Raposio E. Scalp extension - a quantitative study. Dermatol. Surg., 1999 ; 25:30-33.

Le Fluridil dans le traitement de l'AAG masculine

Le fluridil, un nouvel anti-androgène topique dans le traitement de l'AAG masculine

Le fluridil est un anti-androgène, inhibiteur de l'enzyme 5 alpha-réductase convertissant la testostérone en un androgène plus puissant, la dihydroergocornine. Cette nouvelle molécule a une activité comparable à celle du finastéride, sauf qu'elle est dépourvue de tout effet secondaire néfaste.
L'efficacité de la molécule a été étudiée en double aveugle et contre placebo chez 43 hommes de 20 à 56 ans ayant une AAG masculine Hamilton de stade II à V.

Les patients étaient répartis en deux groupes, l'un de 23 patients (groupe fluridil) et l'autre de 20 patients (groupe placebo), avec application locale de fluridil à 2 % ou de placebo respectivement à la dose de 2 ml/jour pendant 6 mois.

Au vu de l'augmentation significative du nombre d'anagènes et la nette diminution des cheveux télogènes dans le groupe fluridil par rapport au groupe placebo, tous les patients ont été mis sous fluridil.

Le comptage de cheveux anagènes et télogènes était réalisé par phototrichogramme à 3, 6 et 9 mois de traitement, le pourcentage de cheveux anagènes a augmenté de 76 à 85 %
et jusqu'à 87 % à 9 mois dans le groupe fluridil alors qu'il était inchangé dans le groupe placebo.

L'effet maximal de fluridil a été obtenu à 3 mois de traitement. Par ailleurs, les fonctions sexuelles, la libido et le bilan sanguin n'ont pas été altérés. De plus, si le fluridil ou son métabolite le BP-34 n'ont pas été décelés dans le sérum, les auteurs ont conclu à l'efficacité du fluridil solution à 2 % comme stimulateur des cheveux anagènes en application biquotidienne chez des patients ayant une AAG masculine.

Fait intéressant, le fluridil est dénué de toute action irritante, sensibilisante et dépourvu d'activité systémique. A l'heure actuelle, des études cliniques sont en cours pour évaluer l'efficacité de ce produit dans l'AAG féminine et l'hirsutisme.


(Sovak M. et Coll., Dermatol. Surg., 2002, 28 : 678-685)

Prévention par le minoxidil d'une alopécie

En 1989, nous signalions dans le J. Dermatol. Surg. Oncol., l'effet protecteur du minoxidil solution à 2 % sur la chute de cheveux post-opératoire causée par traumatismes pendant la transplantation de cheveux par mini et microgreffes.
Une étude rétrospective a été menée chez 60 femmes de 45 à 85 ans ayant subi une ridectomie cervico-faciale pour évaluer la prévention d'alopécie temporale post-ridectomie par minoxidil solution et séparées en 2 groupes de 30 femmes : groupe I (minoxidil 2 %) et groupe II (minoxidil 5 %).

Le traitement a été débuté une semaine avant l'opération et poursuivi pendant 4 semaines après un arrêt de 5 jours en post-opératoire.
Les auteurs ont observé que le minoxidil a joué un rôle protecteur contre la survenue d'une alopécie temporale post-chirurgicale.

Néanmoins, une seule patiente a eu une chute légère de cheveux en zone temporale, 6 semaines après l'arrêt du traitement. Elle a été mise à nouveau sous minoxidil 5% pendant 10 semaines avec guérison de l'alopécie.

En conclusion, le minoxidil solution en application locale prévient la survenue d'alopécie temporale qui pourrait être due à un traumatisme des follicules pileux lors de ridectomies.

Ceci peut s'expliquer par analogie à l'effet protecteur du minoxidil qui est d'empêcher la chute de cheveux alentours lors d'implantation de cheveux.