Les microgreffes de cheveux et de poils

Multiples indications des Microgreffes de cheveux et de poils

D'après Bouhanna, les progrès des traitements actuels permettent de proposer une thérapeutique médicale ou chirurgicale adaptée à l'importance de chaque variété d'alopécies définitives.

La microtransplantation d'unités folliculaires et de microgreffes est un progrès technique fondamental. Cette technique permet un regarnissement capillaire définitif des alopécies de l'homme et de la femme en apportant de façon simple et indolore des cheveux dont l'émergence par groupe de 1 à 3 est devenue parfaitement naturelle.

La différence entre les récepteurs androgéniques des régions occipitales et des autres régions explique le caractère définitif de la croissance des cheveux réimplantés.

Le degré de dégarnissement d'une alopécie androgénétique masculine ou féminine peut être répertorié avec une classification statique (Hamilton, Ludwig) ou être mesuré et suivi avec plus de précision avec une classification dynamique plurifactorielle.

Toutes les indications actuelles des microgreffes sont :

  • les alopécies androgénétiques masculines des stades III à VII,

  • les alopécies androgénétiques féminines des stades I à III,

  • le comblement des golfes chez les transsexuels,

  • l'alopécie des sourcils,

  • les cicatrices de la barbe et de la moustache,

  • l'alopécie du pubis,

  • les cicatrices et alopécies définitives après lifting cervico-facial,

  • la plupart des alopécies cicatricielles (brûlure, radiothérapie, pseudopelade stabilisée).

(Bouhanna P., Ann. Dermatol. Venerol., 2002, 129 : 837-840)

Influence du site receveur

Influence du site receveur sur les caractéristiques de la croissance des cheveux implantés

A l’heure actuelle, les implants capillaires ont été non seulement utilisés dans la correction de l’AAG mais aussi dans d’autres types d’alopécie tel que l’alopécie du pubis et celle du sourcil.

Il est généralement admis que les cheveux transplantés préservent leur intégrité et leurs caractéristiques sur les zones receveuses.

Trois études ont été menées chez l’homme par Hwang et Coll., afin d’évaluer si les cheveux transplantés maintiennent leurs propriétés de croissance après translocation sur des sites anatomiques différents du cuir chevelu.

- La première étude a évalué la croissance et la durée de vie de cheveux prélevés sur la région occipitale de l’un des auteurs de cette étude et transplantés sur sa jambe gauche : les résultats ont montré un taux de croissance plus bas (8,2 + 0,9 mm/mois) pour les cheveux transplantés par rapport à ceux de la région occipitale (16 + 1,1 mm/mois), mais avec un diamètre comparable (0,086 + 0,018 mm sur la jambe et 0,088 + 0,16 mm sur la région occipitale). Le taux de survie des cheveux transplantés à 3 ans était de 60,2 %.

- Dans la deuxième étude, les auteurs ont sélectionné 20 cheveux transplantés sur la jambe pour les réimplanter sur la nuque. Ils ont, là aussi, observé une diminution de leur taux de croissance mais avec conservation de leur diamètre.

- Une troisième étude sur des cheveux prélevés sur la zone occipitale et implantés sur le front, chez 12 patients atteints d’AAG, n’a pas montré de changements significatifs du taux de croissance capillaire ni du diamètre des cheveux transplantés.

Ceci suggère fortement que la zone donneuse affecterait certaines caractéristiques des cheveux transplantés tel que la croissance capillaire et le taux de survie.

(Hwang S. et Coll., Dermatol. Surg., 2002, 28 : 795-799)

Finastéride dans l'alopécie androgénétique masculine

L'intérêt du Finastéride dans l'alopécie androgénétique masculine L'alopécie androgénétique (AAG) masculine est due à une miniaturisation androgénodépendante des follicules pileux du scalp Hamilton avait déjà constaté, que les malades atteints d'hydrogonadisme ne sont pas chauves. Si la dihydrotestostérone (DHT), facteur déclenchant de l'AAG, est diminuée, il est possible de traiter l'alopécie masculine.

Il existe deux types de 5 alpha-réductase (enzyme de conversion de la testostérone en DHT). Le type II localisé aux follicules du scalp et le type I localisé aux glandes sébacées.

Afin de déterminer l'efficacité du finastéride dans l'alopécie masculine, une étude standardisée en double aveugle a été conduite sur 1 879 hommes ayant une AAG. Les résultats obtenus ont montré, qu'après 12 mois de traitement et à la dose de 1 mg/jour de Finastéride per os, une augmentation des cheveux au comptage et une amélioration du pouvoir couvrant aussi bien sur la ligne frontale que sur le vertex visible sur les photographies.

Au terme de 24 mois de traitement, l'auto-évaluation du patient (à travers un questionnaire) ainsi que l'évaluation du comptage des cheveux (sur des agrandissements de photos de l'ensemble de la chevelure), ont permis d'objectiver une augmentation de la repousse capillaire dans 66% des cas, contre 7% dans l'étude placebo. Cette nette amélioration se voit aussi bien sur la ligne frontale que sur le vertex.

L'augmentation du nombre de cheveux par rapport au placebo était constante : une différence positive de 107 cheveux à 1 an (p<0.001) et de 138 cheveux à 2 ans, dans un cercle de 5,1 cm² de diamètre.

Par contre sous placebo, la chute progressive des cheveux a persisté. Chez l'homme, ce traitement doit être prescrit à vie si l'on désire maintenir les effets positifs obtenus par le finastéride.

Les effets secondaires du finastéride sont minimes et considérés comme étant peut-être dus, probablement ou sûrement liés au médicament-1,4% des malades traités par finastéride ont interrompu le traitement à cause des effets secondaires contre 1,6% sous placebo.

Ceux-ci incluent une diminution de la libido (1,9%), une dysfonction érectile (1,4%) et une réelle diminution du volume de l'éjaculat (2,8%). Tous ces effets secondaires disparaissent spontanément chez tous les patients après l'arrêt du traitement.

Ce médicament est absolument contre-indiqué chez la femme enceinte à cause de son effet tératogénique potentiel, de pouvoir altérer la virilisation du foetus mâle.

De plus, la prescription de finastéride, dans un essai clinique, pendant un an chez la femme ménopausée atteinte d'alopécie androgénétique, n'a pas montré d'efficacité.


(*) Kaufman K.D. et al. Le Finastéride dans le traitement de l'alopécie androgénétique masculine. J. Am. Acad. Dermatol. 1998 ; 39:578-589.

Etat dépressif transitoire et finastéride

Etat dépressif transitoire et finastéride dans l'AAG masculine et féminine

Dans une étude rétrospective réalisée entre mars 2000 et décembre 2001, sur 22 patients (17 hommes, Ham III à IV, et 5 femmes, Ludwig I et II), avec AAG et sous finastéride 1 mg per os, une équipe italienne, a rapporté l'apparition d'un état dépressif modéré à sévère chez 19 de ces patients (14 hommes et 5 femmes d'âge moyen, 28, 16 +/-7, 68 ans).

Cet état se manifestait par une altération des relations sociales et familiales avec troubles du sommeil et de l'appétit, associés à une anxiété notable après 9 à 19 semaines de traitement par finastéride.

D'après la classification DSMIV-TR, un trouble de l'humeur peut être attribué à une substance exogène quand elle est en relation circonstancielle avec l'administration de la substance elle-même comme indiquée par la sémiologie clinique et sans aucune autre explication existante. Tous ces patients ont montré des troubles de l'humeur après 1 mois de traitement.

Cependant, ce syndrome dépressif a été complètement réversible 3 jours à 3 semaines après l'arrêt total du traitement. De plus, ce phénomène dépressif a aussitôt repris dès la réintroduction du finastéride chez deux individus ayant accepté de le reprendre.

Il est intéressant de noter que malgré l'inefficacité de la prise de finastéride chez la femme ménopausée, ce traitement a été administré chez des femmes jeunes, d'âge moyen de 28 ans, mais sous stricte prise concomitante de contraceptifs étant donné le risque de malformations congénitales chez le fœtus mâle.

Les auteurs de cette étude précisent qu'il y a eu une amélioration anecdotique de l'AAG féminine chez ces patientes traitées par finastéride, tel que démontré dans une étude précédente.

Fait intéressant, ces désordres de l'humeur n'ont jamais été rapportés lors d'un traitement à long terme par finastéride lors d'un adénome prostatique. De plus, il n'est pas évident que le finastéride puisse traverser la barrière méningée à un degré suffisant pour altérer le taux d'androgènes présents dans le SNC.

L'imputabilité du finastéride dans l'induction de troubles de l'humeur mérite d'être investiguée dans d'autres études puisque ce rapport est circonstanciel et basé sur une étude rétrospective.


(Altomare G. et Capella G.L., J. Dermatol., 2002, 29 : 665-669)

Reconstruction de la ligne frontale

Reconstruction de la ligne frontale antérieure par follicules pileux coupés en deux

Swineheart a réalisé une étude chez 4 hommes avec récession de la ligne frontale antérieure (LFA), pour vérifier si l'implantation de cheveux horizontalement sectionnés pouvait donner une reconstruction plus fine de la LFA.

Vingt cheveux prélevés sur la zone occipitale chez 6 patients de sexe masculin ont été coupés sous microscope à l'aide d'une lame de 10 le plus près possible de la région du bulge, immédiatement sous l'insertion du muscle arrecteur.

Les deux parties ainsi obtenues sont implantées comme suit : 20 tiges capillaires sont implantées sur le côté droit de la LFA et les 20 bulbes sont insérés sur le côté gauche de la LFA. La repousse a été évaluée de 2,5 à 8 mois après chirurgie. On a constaté 46 % de repousse des tiges capillaires et 47 % de repousse des bulbes avec obtention de cheveux de calibre plus fin que les cheveux donneurs.

L'auteur a conclu qu'une reconstruction plus fine de la LFA pourrait être obtenue par utilisation de cheveux coupés en deux sous microscope.

Cette méthode pourrait être utilisée avec succès chez des patients ayant des cheveux foncés ou une zone donneuse très dense. Néanmoins, nous pensons personnellement que cette méthode doit être réservée à des cas très précis, et s'il n'y a pas d'autres alternatives, car les bulbes ainsi obtenus donnent, selon notre propre expérience, naissance à des cheveux frisottés.

 

(Swineheart J.M., Dermatol. Surg., 2001, 27 : 868-872)