Anatomie microscopique du cycle pilaire

L'anatomie microscopique du cycle pilaire et les alopécies acquises non cicatricielles.

Des perspectives nouvelles se sont ouvertes dans l'approche diagnostique et pronostique des alopécies non cicatricielles depuis la mise au point, par Headington, des coupes transversales des biopsies du cuir chevelu.

Cet article est consacré aux alopécies non cicatricielles, après un rappel de l'histologie normale du follicule terminal anagène et du cycle pilaire, l'accent est mis plus spécialement sur l'alopécie androgénétique (miniaturisation des follicules pileux, augmentation du rapport des télogènes sur les anagènes, infiltrats lymphocytaires péri-pilaires dans la région infundibulo-isthmique), la pelade (infiltrats lymphocytaires profonds, follicules pileux en phase catagène et télogène) et les alopécies de traction.

Les indications de la biopsie dans les alopécies non cicatricielles sont toutes celles du trichogramme avec une performance supérieure de la biopsie. Ce sont aussi l'évaluation pronostique des alopécies, notamment de la pelade et l'évaluation thérapeutique des alopécies.


Ph. Chemaly. Hair & Sciences 1997 ; 3(3):5-10.

Pelade et CMV

L'hypothèse d'un cofacteur infectieux dans la pelade, en particulier viral, est assez plausible bien que rien ne permette actuellement d'en apporter la preuve. Dans une lettre au "JAMA", RB. Skinner avait suggéré l'intervention du cytomégalovirus.


Il avait pu mettre en évidence le CMV (*) par PCR dans 9 biopsies de cuir chevelu peladique sur 10 (1)). La reprise de ces travaux ne permet pas de les confirmer.

L'utilisation d'une sonde in situ dans 14 cas de pelade ne retrouve aucune positivité pour l'ADN de CMV alors que la technique employée permet en principe de déceler une copie unique. Les faux positifs sont fréquents avec la technique de PCR et les prélèvements cutanés peuvent être contaminés par l'ADN de CMV venant du sang du patient ou bien lors des manipulations au laboratoire.


(1) Skinner RB et al. Alopecia areata and the presence of cytomegalovirus DNA. JAMA 1995 ; 273 : 1419-1420.

(2*) TOSTI A. No corrrelation between cytomegalovirus and alopecia areata. J. Invest. Dermatol. 1996 ; 107 : 443

Syndrome des cheveux anagènes caducs

Khadir et Coll. rapportent une observation familiale de syndrome des cheveux anagènes caducs. L'originalité de cette observation réside en un symptôme clinique jamais décrit auparavant, à savoir l'émission de cheveux fœtaux dans le méconium durant la période néonatale.

Il s'agissait de deux sœurs âgées de 4 ans et 8 mois respectivement. A la naissance les deux fillettes avaient une alopécie congénitale diffuse avec émergence de cheveux noirs et soyeux durant les 3 premiers jours de vie néonatale.

L'examen clinique retrouvait des cheveux courts, fins et surtout facilement arrachables sans douleur. Les cils, les sourcils étaient intacts, sans aucune atteinte unguéale ou de signes cliniques associés.

L'examen microscopique des tiges pilaires montrait des signes modérés mais non spécifiques de dysplasie pilaire. Le trichogramme a confirmé le diagnostic en montrant 70 % de cheveux anagènes dépourvus de gaine épithéliale externe et 30 % de cheveux télogènes.

Le syndrome des cheveux anagènes caducs est une des causes d'alopécies non cicatricielles chez l'enfant, atteignant un peu plus les filles que les garçons.

La pathogénie de cette affection est mal connue mais plusieurs publications rapportent des cas familiaux et certains auteurs signalent une transmission autosomique dominante. Les auteurs n'ont institué aucun traitement car les signes cliniques s'estompent à la puberté et les cheveux deviennent plus denses et cosmétiquement plus acceptables.

Il faut rassurer les parents en leur expliquant que les cheveux s'améliorent à la puberté. Il faut néanmoins éviter les soins capillaires traumatisants en particulier les brossages vigoureux ou les coiffures avec traction. Certains auteurs préconisent un traitement par biotine ou par cystine.

Syndrome des cheveux anagènes caducs (Khadir K., et Coll., Ann. Dermatol. Venereol., 2001, 128 : 52-54 ; Jouanique C., Bedc., 2002, 10(2) : 38-40).

Efficacité et tolérance du casque réfrigérant

Efficacité et tolérance du casque réfrigérant sur l'alopécie post-chimiothérapie lors d'un cancer du sein

Protière et Coll. ont évalué l'efficacité du port du casque réfrigérant lors d'une chimiothérapie par mitoxantrone et cyclophosphamide comme traitement adjuvant d'un cancer du sein sur les 105 femmes atteintes d'un néoplasme du sein et sans métastases et traitées par 4 cycles de la dite chimiothérapie, 77 ont accepté le port d'un casque réfrigérant. 128 autres femmes, sous le même traitement mais ayant refusé le casque, ont été observées dans un groupe de contrôle (n = 109).

Des infirmières de l'Organisation Mondiale de la Santé ont évalué l'effet du casque réfrigérant sur la chute des cheveux des patientes des deux groupes. Elles ont noté une fréquence de chute capillaire nettement plus basse chez les patientes du groupe casque (n=77) contre 28 patientes du groupe contrôle.

Cette différence dans la diminution de la chute à chaque cycle de chimiothérapie est plus prononcée lors des cycles 1 et 3. La tolérance du casque réfrigérant était généralement bonne avec absence de métastases du cuir chevelu chez les 77 patientes ayant mis le casque.

Cette étude démontre l'intérêt du port d'un casque réfrigérant pour prévenir la chute de cheveux post-chimiothérapie et spécialement lors de cancers ayant une faible prévalence de métastases du cuir chevelu.


(Protière C. et Coll., Supp. Care Cancer., 2002, 10 : 529-537).

Anatomie microscopique du cycle pilaire

L'anatomie microscopique du cycle pilaire et les alopécies acquises non cicatricielles.

Des perspectives nouvelles se sont ouvertes dans l'approche diagnostique et pronostique des alopécies non cicatricielles depuis la mise au point, par Headington, des coupes transversales des biopsies du cuir chevelu.

Cet article est consacré aux alopécies non cicatricielles, après un rappel de l'histologie normale du follicule terminal anagène et du cycle pilaire, l'accent est mis plus spécialement sur l'alopécie androgénétique (miniaturisation des follicules pileux, augmentation du rapport des télogènes sur les anagènes, infiltrats lymphocytaires péri-pilaires dans la région infundibulo-isthmique), la pelade (infiltrats lymphocytaires profonds, follicules pileux en phase catagène et télogène) et les alopécies de traction.

Les indications de la biopsie dans les alopécies non cicatricielles sont toutes celles du trichogramme avec une performance supérieure de la biopsie. Ce sont aussi l'évaluation pronostique des alopécies, notamment de la pelade et l'évaluation thérapeutique des alopécies.


Ph. Chemaly. Hair & Sciences 1997 ; 3(3):5-10.