Syndrome des cheveux anagènes caducs

Khadir et Coll. rapportent une observation familiale de syndrome des cheveux anagènes caducs. L'originalité de cette observation réside en un symptôme clinique jamais décrit auparavant, à savoir l'émission de cheveux fœtaux dans le méconium durant la période néonatale.

Il s'agissait de deux sœurs âgées de 4 ans et 8 mois respectivement. A la naissance les deux fillettes avaient une alopécie congénitale diffuse avec émergence de cheveux noirs et soyeux durant les 3 premiers jours de vie néonatale.

L'examen clinique retrouvait des cheveux courts, fins et surtout facilement arrachables sans douleur. Les cils, les sourcils étaient intacts, sans aucune atteinte unguéale ou de signes cliniques associés.

L'examen microscopique des tiges pilaires montrait des signes modérés mais non spécifiques de dysplasie pilaire. Le trichogramme a confirmé le diagnostic en montrant 70 % de cheveux anagènes dépourvus de gaine épithéliale externe et 30 % de cheveux télogènes.

Le syndrome des cheveux anagènes caducs est une des causes d'alopécies non cicatricielles chez l'enfant, atteignant un peu plus les filles que les garçons.

La pathogénie de cette affection est mal connue mais plusieurs publications rapportent des cas familiaux et certains auteurs signalent une transmission autosomique dominante. Les auteurs n'ont institué aucun traitement car les signes cliniques s'estompent à la puberté et les cheveux deviennent plus denses et cosmétiquement plus acceptables.

Il faut rassurer les parents en leur expliquant que les cheveux s'améliorent à la puberté. Il faut néanmoins éviter les soins capillaires traumatisants en particulier les brossages vigoureux ou les coiffures avec traction. Certains auteurs préconisent un traitement par biotine ou par cystine.

Syndrome des cheveux anagènes caducs (Khadir K., et Coll., Ann. Dermatol. Venereol., 2001, 128 : 52-54 ; Jouanique C., Bedc., 2002, 10(2) : 38-40).