Etat dépressif transitoire et finastéride

Etat dépressif transitoire et finastéride dans l'AAG masculine et féminine

Dans une étude rétrospective réalisée entre mars 2000 et décembre 2001, sur 22 patients (17 hommes, Ham III à IV, et 5 femmes, Ludwig I et II), avec AAG et sous finastéride 1 mg per os, une équipe italienne, a rapporté l'apparition d'un état dépressif modéré à sévère chez 19 de ces patients (14 hommes et 5 femmes d'âge moyen, 28, 16 +/-7, 68 ans).

Cet état se manifestait par une altération des relations sociales et familiales avec troubles du sommeil et de l'appétit, associés à une anxiété notable après 9 à 19 semaines de traitement par finastéride.

D'après la classification DSMIV-TR, un trouble de l'humeur peut être attribué à une substance exogène quand elle est en relation circonstancielle avec l'administration de la substance elle-même comme indiquée par la sémiologie clinique et sans aucune autre explication existante. Tous ces patients ont montré des troubles de l'humeur après 1 mois de traitement.

Cependant, ce syndrome dépressif a été complètement réversible 3 jours à 3 semaines après l'arrêt total du traitement. De plus, ce phénomène dépressif a aussitôt repris dès la réintroduction du finastéride chez deux individus ayant accepté de le reprendre.

Il est intéressant de noter que malgré l'inefficacité de la prise de finastéride chez la femme ménopausée, ce traitement a été administré chez des femmes jeunes, d'âge moyen de 28 ans, mais sous stricte prise concomitante de contraceptifs étant donné le risque de malformations congénitales chez le fœtus mâle.

Les auteurs de cette étude précisent qu'il y a eu une amélioration anecdotique de l'AAG féminine chez ces patientes traitées par finastéride, tel que démontré dans une étude précédente.

Fait intéressant, ces désordres de l'humeur n'ont jamais été rapportés lors d'un traitement à long terme par finastéride lors d'un adénome prostatique. De plus, il n'est pas évident que le finastéride puisse traverser la barrière méningée à un degré suffisant pour altérer le taux d'androgènes présents dans le SNC.

L'imputabilité du finastéride dans l'induction de troubles de l'humeur mérite d'être investiguée dans d'autres études puisque ce rapport est circonstanciel et basé sur une étude rétrospective.


(Altomare G. et Capella G.L., J. Dermatol., 2002, 29 : 665-669)