Progrès de la chirurgie du cuir chevelu

Les progrès de la chirurgie du cuir chevelu ont été signalés au VIe Congrès de Washington de l'ISHRS.

Pour obtenir une densification naturelle des alopécies androgénétiques masculines et féminines, le principe technique qui a fait la quasi-unanimité est la transplantation "d'unités folliculaires" de 1 à 4 cheveux.

En effet, si l'on observe à la loupe un cuir chevelu normal, on constate que l'émergence par chaque orfice cutané se fait effectivement par groupes d'unités folliculaires de 1 à 4 cheveux.

A l'heure actuelle, il est possible de prélever, sous anesthésie locale, dans la zone donneuse occipitale, de 1 000 à 3 000 cheveux en une séance en ne laissant qu'une discrète cicatrice linéaire horizontale.

Un travail comparant les différentes fermetrures des berges (suture, agrafes) a montré les perspectives intéressantes, dans ce domaine, de la colle à l'octylcyanoacrylate.

La majorité des orateurs ont insisté sur l'intérêt de la finesse dans la préparation de chaque "unité folliculaire" de 1 à 4 cheveux en les modelant avec le bistouri en une sorte de "scultpage" et "d'épluchage" sous stéréomicroscope. Cette technique justifierait néanmoins un personnel spécialisé.

Dans la manoeuvre d'implantation de chaque greffe, la technique manuelle à la pince de joaillier a été retenue. Certains inventeurs ont montré des prototypes d'automatisation vec "pistolets" ou des "stylos implanteurs", des "machines à découper", qui sont d'astucieuses voies de recherche.

L'abandon des lasers pour la transplantation capillaire a été confirmé par tous les auteurs. En revanche, de très nombreux instruments jetables de microchirurgie permettant une implantation fine et superficielle avec orientation naturelle de l'émergence des cheveux ont été présentés.

(*) Bouhanna P., Bakhos D. Quoi de neuf sur le cuir chevelu. Réal. Thér. Dermato-Vénéréol. 1999 ; 87:55-64.

Efficacité de l'implantation ultérieure de follicules pileux isolés et conservés à 4°C (*) chirurgie L'implantation de microgreffes pour la correction chirurgicale de l'AAG donne un résultat esthétique nettement supérieur à celui produit par les greffes cylindriques. Le seul problème soulevé par cette technique est celui d'avoir besoin de découper et d'implanter plusieurs centaines de microgreffes, qui nécessiteraient une équipe médicale nombreuse et un temps opératoire relativement long. L'idéal serait de pratiquer cette chirurgie en deux temps.

Il serait possible de prélever sous anesthésie locale, au cours d'une première session et pour une durée d'une heure environ, une bande de cuir chevelu sur la zone donneuse.

Au cours d'un deuxiième temps opératoire, une semaine après, on effectue l'implantation de microgreffes préalablement découpées lors de la 1ère session et conservées à 4°C dans un milieu d'Eagles modifié par Dalbecco (DMEM) ou dans une solution saline.

Cette technique apporterait à l'équipe chirurgicale un gain de temps considérable et éviterait au patient d'attendre trop longtemps en salle d'opération. Kurata et coll. ont mis en culture des follicules pileux dans du DMEM ou dans du sérum physiologique et conservés à 4°C pendant 7 jours.

Au terme de cette période, les follicules pileux ont été greffés sous le pannicule charnu de souris athymiques. Cinq mois plus tard, les follicules greffés ont poussé de 20 mm, suggérant que la repousse s'est produite pendant la phase télogène.

Cette étude princeps met en évidence la repousse des follicules pileux après conservation à 4°C. Les auteurs espèrent que des follicules pileux conservés seront dans un avenir proche utilisés dans les microgreffes.

(*) Kurata S. et al. Viability of isolated single hair follicules preserved at 4°C. Dermatol. Surg., 1999 ; 23:26-29.

Réduction du cuir chevelu et extenseur en silastic (*)

Nordström R.E.A. et coll. ont fait une étude sur 10 patients ayant subi une réduction de tonsure avec mise en place pendant un mois d'extenseur en silastic au niveau sous-galéotique, sous anesthésie locale. Les résultats de cette étude ont été comparés avec ceux d'une étude précédente faite par Nordström en 1984 sur 13 patients ayant eu une réduction du cuir chevelu sans pose d'extenseurs. Ils ont montré que les extenseurs semblent prévenir l'élargissement de la région chauve et que la réduction tonsurale avec extenseurs était de 30 à 84 % plus efficace que celle faite sans pose de ces derniers.


(* ) Nordström REA, Raposio E. Scalp extension - a quantitative study. Dermatol. Surg., 1999 ; 25:30-33.