Alopécies induites par la chimiothérapie anticancéreuse

Duvic M. et coll. ont voulu déterminer l'éventuelle efficacité et vérifier l'innocuité du minoxidil dans le traitement de la chute de cheveux induite par la chimiothérapie.

Lors des chimiothérapies anti-cancéreuses, le cycle du cheveu est bloqué en phase anagène. Par le passé, certains travaux avaient montré que le minoxidil était incapable de réduire l'importance de la chute initiale.

Vingt deux femmes ont été inclues dans une étude comparative randomisée. Après chirurgie pour leur cancer mammaire, il leur fut prescrit une association de cyclophosphamide, de doxorubicine et de fluoro-uracile, avec parfois du méthotrexate ou de la vinblastine.

Au cours de la durée de la chimiothérapie et pendant les quatre mois suivants, elles ont appliqué bi-quotidiennement 1ml de minoxidil à 2% ou de placebo. Le degré d'apparition de prurit, de folliculites ou de pilosité du visage est comparable dans les deux groupes. Dans chaque groupe, une patiente a abandonné son traitement.

Sous placebo, le maximum de la chute est atteint à J50, le maximum de la repousse à J187. Le délai entre la chute et la repousse est donc de 137 jours.

Sous minoxidil, le maximum de la chute apparaît plus tardivement, à J62. Ce délai retardé est néanmoins non significatif. En revanche, la repousse survient plus précocement qu'avec le placebo, soit à J147. Un délai raccourci de 40 jours parfaitement significatif a été constaté pour le groupe minoxidil.

En conclusion, le minoxidil semble effectivement raccourcir la période d'alopécie, et ce malgré les aléas méthodologiques de cette étude, tels la disparité des deux groupes et le caractère modeste de l'effectif.

Sredni S. et coll. ont par ailleurs étudié sur des modèles humains et animaux le rôle protecteur de l'immunomodulateur AS 101 contre l'alopécie induite par une chimiothérapie.

58 patients ont été traités soit avec la chimiothérapie seule, soit avec une dose optimale d'AS 101 (3mg/m²), associée à la carboplastine et au VP 16. Le degré d'alopécie a été significativement diminué dans le groupe avec l'AS 101.

Chez des rats traités par de l'Ara-C, l'alopécie chimio-induite est diminuée de façon significative dans le groupe où l'AS 101 a été administré par voie parentérale ou sous-cutanée ou en application topique sur la peau dorsale.

L'auteur montre donc que la protection par l'AS 101 peut être au moins attribuée à l'IL-1, puisque le traitement des rats par l'IL-1 RA a largement inhibé l'effet protecteur de l'AS 101. Il démontre d'ailleurs que chez les humains, il a une corrélation inverse entre le degré d'alopécie et l'augmentation de l'IL-1 alpha.

De plus, la protection par l'AS 101 peut être liée à la sécrétion de PGE2, car l'injection d'indométacine avant le traitement par AS 101 et Ara-C a partiellement détruit l'effet protecteur de l'AS 101.

(*) Bouhanna P. Quoi de neuf dans le traitement du cuir chevelu. Réalités Thérapeutiques 1997; 67:65-72